Pantalon carotte

P0.jpg

Bon, allez on ne va pas se caresser les boules entre pétanquistes. On est face à une crise majeure. On fonce dans le précipice la gueule ouverte et personne ne bronche. Je veux dire ce n'est pas la première fois que l'être humain se vautre en largeur, mais de cette ampleur c'est du jamais vu ! C'est du Rocco au sommet de son art, le fanion au bout du bâton, les patates en support. Le pantalon carotte ! Ça, mon neveu, c'est le pompon du summum de la latch encarrée façon oignon à la provençale.  

Alors je veux bien, dans les plombes quatre-vingt, on n'avait pas trop le choix. C'était les années du dégoulis de fond de besace. On faisait des trucs avec l'air de ceux qui ne savaient rien, comme des couillons sur un tronc. On cloquait tranquille, le chouard en fleurs. Mais déjà, à l'époque, le pantalon carotte on l'enfilait dans le top trois des pires emplâtrages façon rouste à gogo, juste derrière la guerre des Malouines et l'équipe de foot d'Allemagne fédérale à la coupe du monde d'Espagne. Début des années nonante, c'est le prélude de la guinguette du joufflu, le retour de la godaille. Et je ne te cause pas des années deux-mille où là, on touchait carrément le bleu du bout du tripotant. Tu te souviens ? La taille basse, le pantalon serré ras la raie, frisette et tagada avec string cordelette en paillette sur diamants de pacotille qui piquait les yeux.

Mais voilà, il a fallu se farcir les piges 2020 pour se cogner le retour des braies façon Obélix. Le dérèglement climatique fait son œuvre. Les otaries sont de retour dans nos rues. Pas étonnant qu'on soit tous gondolés, à force.

Les commentaires sont fermés.